Tu sais que tu es en stage d’athlétisme quand :

La semaine dernière afin de préparer au mieux la saison estivale, nous avons fait comme tous les ans : nous sommes partis dans le Sud-Ouest faire 150 bornes en 10 jours. Et comme tous les ans, cette semaine nous sommes cramés. Cette année, nous avions vu les choses en grand : 3 maisons, plus de 20 athlètes, 5 clubs différents représentés, des tests PCR pour tout le monde afin de créer une « bulle sanitaire », clairement on sent qu’on commence à avoir l’expérience. Espérons désormais que la maxime « Le travail paie » se vérifie dans les bilans. Ce serait quand même dommage que tout ce bornage intensif et cette quantité démesurée de lactique accumulée ne résultent pas en quelques records persos (clean ou pas, peu importe). Mais dans le pire des cas, on se sera quand même bien amusé.

Tu sais que tu es en stage d’athlé quand :

  • Tu as créé une conversation « STAGE DE MULE » 6 mois avant de partir mais tu te décides sur le lieu 3 semaines seulement avant la date prévue.
  • Tu essayes de faire un plan d’entraînement commun avec tes camarades de stage mais tu n’y parviens jamais. Réconcilier l’entraînement d’un coureur de 800 avec celui d’un coureur de 5000 est en effet complexe.
  • Tu loues un minibus au Super U pour faire le trajet, en faisant en sorte que la caution ne soit pas à ton nom. Car tu ne fais pas vraiment confiance à tes potes.
  • Vous aviez prévu de faire tourner le conducteur sur les 8 heures de trajet mais finalement il y a un mec qui a fait les 4 premières heures et un autre les 4 suivantes.
  • Tu aurais aimé faire un stage en altitude mais tu sais qu’il doit durer minimum 3 semaines et tu n’as pas assez de congés payés.
  • Tu aurais aimé aller à Monte Gordo mais tu n’as pas les moyens, alors comme tous les ans tu vas dans le Sud-Ouest.
  • La dernière séance avant de partir tu es arrivé à l’entraînement avec des fringues claqués que tu mets jamais car tu savais que tu n’aurais pas le temps de faire une machine.
  • Tu as un sac uniquement dédié aux paires de chaussures que tu emmènes avec toi. La moyenne est de 4 paires en comptant les pointes. 
  • Ton autre sac est composé à 95% de tenues d’athlé. Tu as quand même pris un jean et une chemise « au cas où » mais tu sais très bien que tu ne les sortiras jamais.
  • Tu passes ta semaine avec un vieux jogging dans lequel de la vie a commencé à se développer.
  • Tu as fait une liste de courses et prévu des menus « sains » afin de « faire le job » mais dès le deuxième jour tu repars au Super U pour acheter des chips et du Nutella. 
  • Tu as loué une villa avec piscine mais celle-ci ne te sert qu’à faire de la cryo après les séances. Car tu as beau être en mai, tu as un temps de merde.
  • Tu as l’impression de passer ta journée à courir, te laver, faire à bouffer, faire la vaisselle, dormir, courir, faire à bouffer… etc. Et c’est le cas. 
  • Tu ne visites rien, tu ne fais aucune sortie car tu préfères « faire du jus »
  • Tu te rends compte que la vie d’athlète de haut niveau c’est sympa mais que 6 mois à ce rythme te rendraient fou. 
  • Tu te rends compte qu’en fait ce stage c’est une semaine d’entraînement normale avec juste un footing en plus tous les jours. Et que ça suffit à faire la différence. #bornefacile
  • Tu n’as pas prévenu le club résident que tu viendrais utiliser sa piste pendant une semaine. Et ça leur plait moyennement.
  • Tu prévoyais de faire des pompes/abdos tous les jours comme « tu as le temps ». Tu l’as fait le 1er jour et après tu as arrêté. 
  • Tu n’as qu’un toilette dans ton Airbnb et vous êtes 10. Tu apprends à retenir ta respiration.
  • D’ailleurs tes selles deviennent de plus en plus liquides et nombreuses au fur et à mesure des jours. C’est normal.
  • Tous les matins tu te réveilles avec une enceinte branchée à fond sur un son nul de type Bengous « C’est la night ». Fonctionne avec tout son nul qui rentre un peu dans la tête.
  • Tous les soirs tu joues aux cartes (au président en particulier). Et c’est toujours les mêmes qui perdent. 
  • Les rôles se définissent rapidement. Le mec qui cuisine bien est très vite identifié. 
  • Tu comprends tout de suite que le mec qui se propose de faire la vaisselle ne sait pas cuisiner.
  • Le premier jour un de tes potes qui a ramené sa tondeuse s’improvise coiffeur et propose de faire un gros dégradé agressif à tout le monde. Le résultat est variable.
  • Tu as un gros stock de chocolat noir 90%, de fromage blanc et de bananes et de San P. Un très gros stock.
  • Tu te méfies de la « bière de récup’ ». Tu te connais et tu connais tes potes. Tu sais que ça peut vite vriller.
  • Tu fais toujours un barbecue et la séance suivante tu as « mal au bidt’ ». Tu accuses systématiquement les merguez.
  • Au bout de 2 jours ton logement sent la transpiration et la chaussette mouillée. 
  • Assez vite tu décides d’entreposer les chaussures dehors pour « éviter que ça sente » mais le mal est fait.
  • Quand il fait beau tu ne te douches pas après ta séance du matin, tu vas juste dans la piscine. Gros dégueulasse. 
  • D’ailleurs la piscine il fallait mettre la bâche le soir et allumer le robot nettoyeur. Tu ne l’as jamais fait, sauf le dernier jour pour cacher la misère pendant l’état des lieux.
  • Sur le premier footing tu décides tout de suite d’imposer un rythme rapide afin de bien montrer que tu es « en cannes ». Tu le paieras dès la séance suivante. 
  • Tu n’es évidemment pas le seul à « appuyer un peu » sur les footings les premiers jours. Au bout de 3 jours, plus personne ne le fait. Nul besoin d’expliquer pourquoi.
  • Le nombre de personnes avec un strap ou un tape sur le mollet augmente jour après jour. 
  • D’ailleurs tu ne sais pas si ce truc marche vraiment, mais dans le doute tu le mets. Et puis ça fait bien.
  • Le lundi tu as mal au mollet, le mardi à l’ischio, le mercredi au quadri, le jeudi au tendon, le vendredi au genou, le samedi à la voûte plantaire…
  • Tu te dis que pour parer à ça tu vas t’étirer et te masser tous les soirs. Évidemment, comme pour les abdos, tu ne le fais pas.
  • L’action San Pellegrino s’envole à chaque fois que vous partez en stage.
  • Il y a d’ailleurs des bouteilles à moitié entamées dans à peu près chaque pièce de ton logement.
  • « Demain départ pour la séance à 9h » signifie que tu partiras en réalité sur le coup de 10h15. 10h au mieux.
  • Le footing à jeun du matin destiné à « sécher » est très vite compensé par un passage à la boulangerie où tu n’hésites pas à recommander quelques viennoiseries.
  • Tu inondes Instagram de photos de tes séances sans te rendre compte qu’au bout de la quinzième story tu as saoulé tout ton entourage.
  • Tu regardes ton nombre de kilomètres hebdomadaire après chaque sortie.
  • Tu passes plus de temps à zoner sur Strava qu’a parler à ton/ta conjoint(e) restée chez toi. 
  • Tu chronomètres tout. Même ta promenade de recup sur le port d’Arcachon.
  • Tu essayes de choper le plus de KOM possibles. En particulier celui de la piste où tu t’entraînes. 
  • Si tu es vicieux tu crées un segment dans le dernier 500m menant à ton logement. Pour être sûr que ça réattaque à chaque fin de footing.
  • Le mec qui court ses footings le plus lentement est toujours le meilleur. Toujours. 
  • Celui qui surrégime est au contraire souvent le moins bon. Souvent.
  • Tu as amené un livre que tu n’as pas ouvert une seule fois.
  • Tu regardes au moins une fois un Intérieur Sport avec tes potes. Souvent celui de Vincent Luis.
  • Tu te dis sans cesse que cette semaine va te faire « passer un cap » mais tu ne sais pas exactement dans quelle mesure. 
  • Ta prochaine compétition est dans 15 jours mais tu commences déjà à y penser. Et tu stresses. 
  • Sur la route du retour, tu t’arrêtes pour faire une dernière séance. Souvent une séance spécifique bien vénère où tu vas chercher loin dans le lactique.
  • Tu remontes sans te doucher dans le van, déjà bien sale, puis tu t’arrêtes sur une aire d’autoroute manger un sandwich club Daunat ignoble. Thon Mayo. Il n’y avait plus de poulet. 
  • Le McDo t’a tenté mais c’était hors de question.
  • Tu étais censé arriver sur le coup de 20h chez toi. Mais avec les multiples arrêts pipi et autres pauses bouffe, tu arrives plutôt à minuit. 
  • Une fois rentré tu as du mal à te réacclimater au monde extérieur. Avec tes potes vous avez développé un langage que vous êtes les seuls à comprendre.
  • Ta première séance post stage est un enfer. 
  • Tu n’as qu’une hâte c’est d’y retourner.
Quand il n’y a plus qu’un seul rouleau de PQ dispo avant la séance de spé